A l’Espace Indigo, on fait une pause dans sa vie

ARTICLE PARU DANS LE 24HEURES DU SAMEDI 10 SEPTEMBRE 2010

MAUBORGET - Depuis un an et demi, Patrizia Jaquier et ses bénévoles offrent une parenthèse de ressourcement à des personnes qui vivent un quotidien difficile. Et ça commence à marcher du tonnerre!

Elle s’appelle Patrizia Jaquier, elle était enseignante, mais c’était «dans une autre vie». Depuis bientôt deux ans, c’est la cheville ouvrière très appréciée de l’Espace Indigo à Mauborget. Un lieu insolite. Un ancien restaurant transformé, dont la terrasse offre un point de vue superbe sur le lac et les Alpes. «C’était mon idée folle», rigole-t-elle en faisant visiter les quatre chambres d’amis.

L’idée, justement. Celle de créer un espace de vie «accueillant tous ceux qui ont envie d’une expérience différente. Ceux qui ont besoin de s’offrir une pause dans leur vie, une parenthèse de ressourcement. » Un endroit totalement aconfessionnel. A l’Espace Indigo, on prend son temps. Et chacun participe au bon déroulement des journées selon son envie. La cuisine se fait souvent en commun.

Obole au départ

«Nous ne sommes pas un hôtel et ne voulons pas concurrencer les chambres d’hôte», insiste Patrizia Jaquier. Les séjours y sont courts et les hôtes donnent à leur départ une obole, à leur discrétion. La fondation chapeautant cette structure emploie une poignée de bénévoles. Elle ne tourne qu’à l’aide des dons et du sponsoring d’entreprises. Certaines profitent d’ailleurs de la tranquillité des lieux pour y donner des séminaires.

Le bouche-à-oreille fait gentiment son effet, et la maison accueille désormais de plus en plus de monde. Des personnes qui s’offrent une parenthèse dans un quotidien marqué par exemple par une peine de cœur, la maladie ou un deuil. Ou, tout simplement, qui souhaitent accomplir une bénéfique retraite spirituelle.

Sous le charme

Attablée dans le grand séjour, Catherine Bosson raconte, entre deux gorgées de thé, être tombée sous le charme de l’endroit au point d’y être de retour pour la septième fois. «Il m’offre un cadre sécurisant», raconte la quadragénaire, atteinte d’une sclérose en plaques. «Je prends des bouquins et je lis, je rencontre d’autres gens. Ici, je me repose sans culpabiliser. » Un break nécessaire car elle doit chez elle, dans la campagne fribourgeoise, supporter seule le poids de la maladie. «Je n’ai pas de prince charmant pour m’aider à porter la valise. Je sais qu’ici, je serai très bien accueillie et qu’on me donnera un coup de main. »

«Notre séjour à Mauborget a été une véritable bouffée d’oxygène pour toute la famille», témoigne aussi la maman d’une jeune fille atteinte d’un cancer. Orientée vers l’Espace Indigo par l’ARFEC (Association romande des familles d’enfants atteints d’un cancer), la petite tribu y a trouvé une «douce ambiance et une convivialité exceptionnelle». «En passant quatre jours là-haut, les soucis, l’hôpital, le stress et la maladie ont été un peu oubliés. »

Le livre d’or de la maison regorge de remerciements que les hôtes de passage ont adressés aux bénévoles. «On ne peut rien changer à leur quotidien, glisse Patrizia Jaquier. Mais on a le temps de discuter. »

VINCENT MAENDLY